Construire un plan d'action commercial pour accélérer la croissance d'une marque leader

Comment transformer une position de numéro 1 sur un marché encore émergent en une croissance durable ? C'est la mission que nous avons acceptée en jouant le rôle de consultants commerciaux pour Le Labo du Moulin — et ce projet m'a appris ce que piloter une relation client de bout en bout veut vraiment dire.

Contextualisation

Dans le cadre de la deuxième année de BUT Techniques de Commercialisation, notre groupe de quatre étudiants a été mis en situation de cabinet de conseil commercial. Notre « client » : Aurelien Fabas, fondateur de Le Labo du Moulin, entreprise alsacienne leader du kéfir de fruits en France, avec 3 M€ de CA, 2 500 points de vente, 5 commerciaux terrain et un objectif ambitieux — atteindre 5 M€ de chiffre d’affaires d’ici 2027.

La mission : construire un plan d’action commercial et relationnel sur un an, structuré, chiffré et immédiatement opérationnel, couvrant la performance de la force de vente, les salons professionnels, le merchandising en magasin, les leviers de croissance digitaux et la relation client.

Le rendu final comprenait un dossier écrit, un diaporama de présentation, un outil de mesure de la satisfaction client et un document de gestion des réclamations — le tout présenté lors d’une soutenance devant jury le 28 mai 2026.

étapes

Analyse des actions mobilisées

1. Définir une stratégie de communication et choisir les bons supports

Apprentissages mobilisés : Élaborer une stratégie de communication adaptée au brief agence · Établir une stratégie de moyens en utilisant les indicateurs de choix des supports

Le brief initial était clair : Le Labo du Moulin souffre d’un déficit de notoriété malgré sa position de leader. Le kéfir reste un produit méconnu du grand public — notre rôle était donc de proposer une stratégie de communication complète et cohérente avec les cibles identifiées.

Nous avons structuré la stratégie autour de deux niveaux. En B2B d’abord, avec une optimisation de la présence sur les salons professionnels (Natexpo, Salon Marjolaine, Salon International de l’Agriculture) : définition d’objectifs de génération de leads chiffrés (100 à 200 prospects qualifiés par salon, taux de transformation cible entre 10 et 20 %), campagnes d’emailing en amont, expérience de stand immersive avec dégustation et QR Codes renvoyant vers une page dédiée aux professionnels, puis relance CRM sous 48h après chaque événement.

En B2C ensuite, nous avons recommandé une extension digitale de la présence de la marque — TikTok, YouTube et LinkedIn en complément d’Instagram — avec une ligne éditoriale centrée sur le microbiote, la fermentation et les recettes. Le choix des supports a été justifié par des indicateurs précis : taux de pénétration de chaque plateforme auprès des cibles (25-40 ans urbains CSP+), cohérence entre format vidéo court et contenu pédagogique sur un produit peu connu, et potentiel de viralité sur des sujets santé/bien-être.

En magasin, nous avons également proposé des animations physiques (dégustations, stop-rayons avec QR Codes, semaines thématiques autour du microbiote) comme levier de communication de proximité directement intégré à l’acte d’achat.

2. Identifier et hiérarchiser les cibles commerciales

Apprentissage mobilisé : Mesurer l’importance du choix des cibles commerciales

Le Labo du Moulin opère sur deux niveaux de cibles qu’il était essentiel de distinguer pour construire un plan d’action cohérent.

La cible principale B2B regroupe les enseignes de distribution — magasins bio et grande distribution (Monoprix, Carrefour Market) — qui conditionnent l’accessibilité du produit. Sans référencement solide et sans chefs de rayon formés et impliqués, aucune action B2C ne peut fonctionner. Nous avons donc proposé un programme de fidélisation distributeurs (remises progressives, offres exclusives, accompagnement personnalisé) et une formation des équipes magasin pour optimiser le facing et la visibilité produit.

La cible finale B2C se compose de deux segments : un cœur de cible de 25 à 40 ans, urbains, CSP+, sensibles à la consommation healthy, et une cible secondaire de plus de 50 ans, sensibles aux arguments santé. Cette distinction a directement orienté nos choix de canaux, de messages et de formats de communication — le contenu TikTok/Instagram pour les 25-40 ans, et une communication plus pédagogique et rassurante (recettes, bénéfices prouvés) pour la cible secondaire, diffusée via des supports en point de vente ou en partenariat avec des pharmacies et diététiciens.

Ce travail de segmentation m’a permis de comprendre concrètement pourquoi une stratégie « one size fits all » est inefficace, et comment chaque décision — support, message, timing — doit être justifiée par la nature de la cible visée.

3. Piloter la relation client par les indicateurs, gérer les réclamations et exploiter les outils CRM

AC mobilisés : Piloter sa relation client au moyen d’indicateurs · Traiter les réclamations client pour optimiser l’activité · Exploiter de façon pertinente les outils de la relation client

C’est la partie du projet que j’ai trouvée la plus concrète et la plus directement opérationnelle. Nous avons construit un véritable dispositif de gestion de la relation client, articulé en trois niveaux.

Le pilotage par les KPI — nous avons défini un tableau de bord mensuel avec six indicateurs clés : taux de satisfaction globale (objectif > 8/10), Net Promoter Score (taux de recommandation > 85 %), nombre de réclamations par mois (objectif < 15), délai moyen de traitement (< 48h), taux de réachat et taux de fidélisation (> 80 %). Pour valider ce dispositif, j’ai construit un outil Excel de mesure de la satisfaction à partir de données simulées sur 15 clients, avec deux onglets : un onglet de collecte des réponses (note globale, recommandation, qualité produit, service client, commentaire libre) et un onglet tableau de bord calculant automatiquement les indicateurs. Les résultats obtenus — satisfaction moyenne à 7,9/10, taux de recommandation à 80 %, qualité produit à 8,1/10 — ont permis d’identifier des axes d’amélioration concrets (service client à 7,7/10 à renforcer, réclamations liées à la distribution à traiter en priorité).

La gestion des réclamations — nous avons conçu un processus standardisé en cinq étapes (réception, qualification, réponse sous 24-48h, solution adaptée, suivi post-résolution) et rédigé des réponses types pour les cas les plus fréquents : bouteille endommagée, problème de réapprovisionnement en magasin. Chaque réclamation est intégrée au CRM pour identifier les causes récurrentes et déclencher des actions correctives. Le tableau de suivi que nous avons produit illustre une progression réelle : de 18 réclamations en janvier avec 89 % de résolution sous 48h, à 11 réclamations en avril avec 100 % de résolution — ce qui prouve l’efficacité d’un dispositif structuré.

L’exploitation du CRM — nous avons recommandé la centralisation dans un CRM de toutes les interactions clients (demandes, réclamations, retours d’expérience, avis en ligne), avec une analyse mensuelle des verbatims pour adapter les recettes, les formats et le packaging. Cette démarche transforme chaque retour client en donnée stratégique exploitable.

Preuves : Outil de mesure de la satisfaction · Gestion des réclamations · Dossier écrit — Partie 5

Prise de recul

Auto évaluation de cette expérience

Points maîtrisés

La construction du dispositif relation client — des KPI jusqu’aux réponses aux réclamations — est la partie où je me suis senti le plus à l’aise et le plus autonome. J’ai réalisé l’outil Excel de mesure de satisfaction seul, ce qui m’a obligé à réfléchir à la fois à la structure de collecte des données et à leur exploitation en tableau de bord. Le lien entre les indicateurs et les décisions à prendre est devenu très concret pour moi.

La structuration du plan en parties distinctes (force de vente, salons, merchandising, digital, relation client) m’a aussi appris à penser un projet commercial dans sa globalité, avec des briques qui s’articulent entre elles plutôt que des actions isolées.

Axes d’amélioration

La partie stratégie de communication aurait pu être plus approfondie, notamment sur le choix des supports digitaux. Nous avons fait des recommandations pertinentes, mais sans données chiffrées précises sur les budgets ou les retours attendus. Dans un contexte réel, un consultant doit être capable de justifier chaque euro investi — c’est un reflexe que je dois encore développer.

Sur la force de vente, nous avons proposé des outils et des objectifs SMART solides, mais je sens que ma connaissance du management commercial terrain reste théorique. Un stage ou une expérience en tant que commercial me permettrait de valider ces recommandations par le réel.

Ce que cette expérience m’a apporté

Cette SAE m’a permis de développer trois compétences que je considère directement transférables :

Le pilotage par les indicateurs — savoir définir les bons KPI, construire un outil de suivi et prendre des décisions à partir des données. C’est une logique applicable dans n’importe quel rôle commercial, marketing ou managérial.

La gestion de la relation client structurée — comprendre qu’une réclamation bien traitée est une opportunité de fidélisation, et qu’un CRM n’est pas juste une base de données mais un outil de pilotage de la performance. C’est une compétence clé en B2B comme en B2C.

La posture de consultant — formuler des recommandations argumentées, les structurer dans un dossier professionnel et les défendre à l’oral devant un jury. C’est exactement ce qu’on attend d’un chargé de développement commercial, d’un account manager ou d’un chef de projet marketing.

Commentaires de traces — Le Labo du Moulin


1. Diaporama de présentation (diapo-labodumoulin.pdf)

Contexte du projet Dans le cadre de la SAE de deuxième année de BUT TC, notre groupe de quatre étudiants a joué le rôle de consultants commerciaux pour Le Labo du Moulin, leader français du kéfir de fruits. Notre mission : construire un plan d’action commercial et relationnel sur un an pour accompagner la croissance de l’entreprise vers un objectif de 5 M€ de CA en 2027.

Place de la trace dans la SAE Le diaporama est le support de notre soutenance finale du 28 mai 2026 devant jury. Il synthétise l’intégralité de notre plan d’action en un format percutant et lisible : force de vente, salons professionnels, merchandising, leviers digitaux et relation client. C’est lui qui a porté notre posture de consultants à l’oral — chaque slide devait être convaincante, argumentée et orientée décision.

Organisation et contribution personnelle La construction du diaporama a été répartie entre les quatre membres du groupe, chacun prenant en charge les slides correspondant à sa partie du dossier. J’ai personnellement réalisé les slides relatives à la relation client et au dispositif de pilotage par les KPI, ainsi que la slide de conclusion reprenant les indicateurs de performance globaux du plan. La mise en forme finale et la cohérence visuelle ont été travaillées collectivement lors d’une session commune la semaine précédant la soutenance.

Contenu justifiant les AC visés Le diaporama mobilise l’ensemble des AC de la SAE. On y retrouve la stratégie de communication avec le choix des supports justifié par les cibles (Instagram/TikTok pour les 25-40 ans, communication pédagogique en point de vente pour la cible secondaire), la segmentation B2B/B2C avec les actions associées à chaque niveau, et le dispositif complet de relation client — KPI, processus de réclamation, exploitation CRM. Chaque recommandation est formulée de manière opérationnelle avec des objectifs chiffrés, ce qui démontre une vraie capacité à traduire une analyse en plan d’action concret.

Prise de recul et validation La soutenance m’a appris quelque chose d’important : avoir un bon dossier écrit ne suffit pas si le diaporama ne hiérarchise pas bien l’information. J’ai réalisé que les slides les plus efficaces étaient celles qui posaient une question et y répondaient en trois points maximum. C’est un réflexe de synthèse que je veux continuer à développer, notamment pour les présentations en contexte professionnel.


2. Dossier écrit (dossier-ecrit-labodumoulin.pdf)

Contexte du projet Le Labo du Moulin est le leader français du kéfir de fruits, avec un objectif de croissance ambitieux à horizon 2027. En tant que groupe de quatre étudiants-consultants dans le cadre de notre SAE de BUT TC, nous devions produire un plan d’action commercial complet, structuré et argumenté, remis sous forme de dossier écrit.

Place de la trace dans la SAE Le dossier écrit est le livrable central de la SAE. Il développe en profondeur chacune des cinq parties du plan d’action : activation des commerciaux, optimisation des salons, merchandising et animation en magasin, leviers de croissance digitaux et relation client. C’est le document de référence qui justifie toutes les recommandations présentées à l’oral — il prouve que chaque décision repose sur une réflexion structurée et non sur des intuitions.

Organisation et contribution personnelle Le dossier a été rédigé en équipe avec une répartition claire des parties. Je me suis chargé de la partie 5 sur la relation client dans son intégralité — diagnostic, KPI, processus de réclamation, exploitation CRM et résultats attendus — ainsi que d’une contribution à la partie 4 sur les leviers digitaux, notamment la stratégie de contenu sur les réseaux sociaux. La relecture croisée et la mise en forme finale ont été faites à quatre.

Contenu justifiant les AC visés Le dossier démontre la mobilisation des AC à travers des recommandations concrètes et argumentées. La stratégie de communication est détaillée avec des choix de supports justifiés par les profils de cibles. La segmentation B2B/B2C est explicitée avec des actions différenciées pour chaque niveau. La partie relation client — que j’ai rédigée — pose un vrai dispositif de pilotage : définition des KPI, processus de traitement standardisé des réclamations en cinq étapes, recommandation d’un CRM et exploitation des retours clients pour l’amélioration continue. Ce niveau de détail opérationnel prouve que les AC ont été mobilisés de manière approfondie, pas seulement évoqués.

Prise de recul et validation Rédiger la partie relation client m’a demandé de sortir d’une vision purement commerciale pour adopter une logique de service et de qualité. J’ai compris que la satisfaction client n’est pas juste un indicateur à surveiller — c’est un levier de croissance à part entière. Si c’était à refaire, j’aurais appuyé davantage sur des exemples concrets de marques ayant transformé leur gestion des réclamations en avantage concurrentiel, pour rendre les recommandations encore plus percutantes.


3. Outil de mesure de la satisfaction (mesure-satisfaction-labodumoulin.xlsx)

Contexte du projet Dans le cadre du plan d’action commercial pour Le Labo du Moulin, notre groupe devait proposer un dispositif concret de pilotage de la relation client. Au-delà des recommandations théoriques, il s’agissait de produire un outil directement utilisable par l’entreprise pour mesurer et suivre la satisfaction de ses consommateurs.

Place de la trace dans la SAE Cet outil Excel est la preuve tangible de notre capacité à opérationnaliser les recommandations de la partie relation client. Il ne s’agit pas d’un document de réflexion mais d’un vrai outil de pilotage — celui qu’un responsable relation client pourrait utiliser chaque mois pour suivre ses indicateurs et identifier les axes d’amélioration.

Organisation et contribution personnelle J’ai construit ce fichier seul, de A à Z. J’ai d’abord défini la structure de collecte des données (les variables à mesurer : note globale, recommandation, qualité produit, service client, commentaire libre), puis simulé 15 réponses clients représentatives des situations réelles identifiées dans notre diagnostic. J’ai ensuite créé le second onglet tableau de bord avec les calculs automatiques des indicateurs clés.

Contenu justifiant les AC visés Ce fichier mobilise directement les AC de pilotage de la relation client et d’exploitation des outils. Il contient deux onglets : un onglet de collecte structurant les réponses de 15 clients simulés avec cinq variables mesurées, et un onglet tableau de bord calculant automatiquement les indicateurs retenus — satisfaction moyenne (7,9/10), taux de recommandation (80 %), qualité produit (8,1/10) et service client (7,7/10). Ces résultats sont directement exploitables : ils révèlent que le service client est le point faible à adresser en priorité, et que deux réclamations récurrentes (bouteille endommagée, difficulté à trouver le produit) correspondent aux cas traités dans notre document de gestion des réclamations — ce qui prouve la cohérence entre les deux outils.

Prise de recul et validation Construire cet outil m’a appris que la qualité d’un indicateur dépend d’abord de la qualité des données collectées. Si le questionnaire est mal conçu ou les réponses non représentatives, le tableau de bord ne sert à rien. J’aurais pu aller plus loin en ajoutant un onglet d’évolution mensuelle pour visualiser les tendances dans le temps — c’est clairement la prochaine étape si cet outil était déployé en conditions réelles.


4. Gestion des réclamations clients (reclamations-labodumoulin.pdf)

Contexte du projet Le Labo du Moulin est en forte croissance, ce qui implique mécaniquement une augmentation du nombre de consommateurs et donc de réclamations potentielles. Dans notre plan d’action, nous avons jugé essentiel de proposer un dispositif structuré de traitement des réclamations, à la fois pour protéger l’image de la marque et pour transformer chaque insatisfaction en opportunité d’amélioration.

Place de la trace dans la SAE Ce document est la traduction opérationnelle de notre stratégie relation client. Il illustre concrètement comment Le Labo du Moulin peut gérer les situations d’insatisfaction de manière professionnelle, cohérente et traçable. Il complète l’outil Excel de mesure de satisfaction : l’un mesure, l’autre agit.

Organisation et contribution personnelle J’ai rédigé ce document en binôme avec Perrine. Nous avons d’abord défini ensemble le processus standardisé en cinq étapes, puis j’ai pris en charge la rédaction des deux réponses types aux réclamations les plus fréquentes — bouteille endommagée et problème de réapprovisionnement — en veillant à adopter un ton professionnel, empathique et orienté solution. Le tableau de suivi mensuel et les KPI relation client ont été construits conjointement.

Contenu justifiant les AC visés Ce document mobilise directement les AC de traitement des réclamations et d’exploitation des outils de relation client. Il contient un processus en cinq étapes clair et reproductible (réception, qualification, réponse sous 24-48h, solution, suivi), deux réponses rédigées illustrant l’application concrète de ce processus, un tableau de suivi mensuel montrant une amélioration progressive du taux de résolution (de 89 % en janvier à 100 % en avril) et un tableau de KPI avec des objectifs précis et mesurables. L’ensemble démontre une approche de la relation client qui va au-delà de la simple réponse au mécontentement : chaque réclamation est documentée, analysée et utilisée pour améliorer l’activité.

Prise de recul et validation Ce que j’ai retenu de cet exercice, c’est l’importance du ton dans une réponse à une réclamation. Lors de la rédaction des réponses types, j’ai fait plusieurs versions avant de trouver le bon équilibre entre professionnalisme, empathie et efficacité. Une réponse trop froide aggrave la situation, une réponse trop longue dilue le message. C’est une compétence rédactionnelle que je perçois comme très transférable, que ce soit en service client, en account management ou en communication d’entreprise.